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Ça fait pas toujours comme on veut…

*

Il y a un malheur qui consiste à être seul dans son bonheur.

Le cœur n’est cœur

qu’uni à tous les cœurs.

C’est très simple et très secret.

Sans les cœurs des hommes

le cœur de Dieu serait incomplet.

*

Je suis un homme que le silence boit peu à peu.

Mon esprit s’évapore en étoupes, en boules cotonneuses.

Le soleil me frictionne, mais je réagis peu.

Tout se confond grisement.

Mon cœur me revient vide semblable à la voix sans écho.

Je suis l’homme seul à seul en Dieu.

Mon âme rétrécie au creux de mes mains,

respire encore légèrement.

Je désire la sourcer dans un gai rayon,

que printemps lui soit insufflé.

Le chiffre de partout fait donner la troupe,

quadrillée de nombre l’humanité languit.

Que viennent enfin le ravissement, ravissements de femmes superbes, ravissements de musiques bondissantes, ravissements d’une enfance printanière au nez et à la barbe des villes-miradors.

Dans mon suaire gris,

je crois encore à la vie.

*

La loi vole.
Le pavé battu rend les coups.
La marche longue est vaine sous le soleil gris.
Les arbres s’enfuient. Les bêtes hurlent.
L’île de ton regard bleu reflête des flammes.

La loi viole, et pille et fait des sermons.
Un macaque au cul fluorescent gouverne les hommes.
Un pitre se dandine sur les estrades en hénissant .

La mer monte, les nuages montent, le sable monte,
le poison monte à l’assaut de la Capitale.

Clowns hideux de la raison, têtes en cul, satyres empués,
drôles aux cervelles de fiente.

La joie les vomit. La vie les vomit. La mort les vomit.
les empalent sur des langues fourchues.

Ptérodactyles de salon aux ongles lissés,
vers occupés à lézarder,
vérole bien mise,
entendez le maudissement noir
qui déborde dans les sanglots de votre servaille rebellée.

L’enfant a du sang jusqu’au menton: ” C’est la loi”.
La foule est striée de fouets : ” C’est la loi”.
La cohue dégénère.
Des rues enfumées montent des rugissements livides,
des automates alignés cernés de flammes.

Une haine infinie préside, au bord du néant sise,
morgueuse, grimée de dorures,
confite en bétise.
Nous les coulerons dans de l’or en fusion.

Ils ont les bourses rouges.

Le vallon fait chapelle. Ne suis-je poreux ! N’embrassè-je ce frisson vivace qui parcourt les herbes. Ô nature, telle un grand esprit.

Est-on seul à même le paysage, lui qui nous relie à l’immense, à la parole,

puissante, et mue et tue ?

Je sens mon grand désordre de n’être pas de corps compénétré par l’atmosphère,

par le mystère vivant qui continue alentour son chemin de vie. De n’être de cette vie qu’un témoin extérieur.

Qu’ont les arbres à me dire ? L’herbe ici rêche, les monts hautains ?

Monde, parle-moi !

Plus que l’ignorant, je suis l’ignoré.

Peut-être pour revenir sur terre désormais, faut-il passer par Dieu.

Il faut réduire la fracture.

Je suis devenu un masque dont je ne sais plus le nom.

Je me fuis vers le matin aquarellé. Je suis la demeure des peines.

Comme un espion que Dieu aurait placé en enfer.

Mon âme a mal au niveau des jambes. Mes yeux continuent à dormir tout le jour durant.

Ma mâchoire est serrée sur une soif énervée.

Je ne suis pas heureux, j’ai par là même mille vérités enchantées à clamer au sujet du bonheur et de ses enfants.

C’est comme cela. La nuit est restée agrippée, livide, à mes épaules au moment de naître.

Quand viendrai-je, entier, au monde ?

… Mourir comme on quitte la table.

* * *

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Une histoire d’oiseaux…”Consolande”.

Nous ne trouverons jamais de bonheur indolore. Nous ne pouvons que l’invoquer. Il est lui le prince charmant.

La douleur fuie l’enfante comme un Eldorado découvert en rêve.

*

*

Poème doré


Les couleurs m’élucident quand dans l’alcôve de la ruche je me niche, baigné d’une onction d’or.
Un appel à communion m’est lancé depuis ces ramures bariolées en diable; on en est soufflé de ce frissonnement aurifère, de ces dorures pourpres émiettées dans le vent en confettis, en étincelles safranées, en ribambelles chatoyantes qui brasillent comme autant de signes solarisés. Ce tumulte de couleurs, ce stimulus de mes rétines fait scintiller mon esprit. j’accompagne intérieurement cette pluie purpurine de murmures de harpes, de glissandi et de carillons perlins.
Chaque lueur des feuillages flamboyants jouant sur ma peau, d’un toucher de braise me purifie. j’appréhende ces coloris excités en aquarelliste ravi, le tintinnabulis m’électrise. Il y a un mise en valeur Haschischinine des tons qui redoublent de vitalité, tons d’une audible rousseur. Leur pâmoison quand ils volètent en jetant des faisceaux lumineux produit un brouhaha de clochettes secouées par le vent.
Barbouillé de pigments ocreux et enflammés, je rentre dans la maison, nimbé d’un arôme de pommeraie.

*

Poème noir


Ma chanson est au piquet, ma chanson a un bonnet d’âne.

Ils ont jeté des hameçons sur ma chanson, ils l’ont compissée.

Je vais devoir me racheter un coeur. Dans la vitrine blanche et froide du légiste peut-être en voler un qui soit encore un peu rouge, avec encore un peu de jus peut-être.


Mon chant est au point mort.

Mon chant a été capturé par un gisant blanchi qui se liquéfie dans une crypte oubliée.

Mon chant est pourrissant, maléficié.

Le gisant est entouré de statues de plomb, en larmes, qui fondent.

Il y a des présences sifflantes et acerbes qui soufflent alentour une haleine fielleuse de coprolalie,

autour de ma chanson écrouée dans un cadavre.

Un mort tout tordu lui sert de tombe.

Sur les murs poisseux glissent des algues, des morves,

et quelles malodeurs !

Des vers géants et blancs comme pus suintent entre les pierres noircies.

j’habite un caveau éboulé du cimetière des maudits.

*

Il va falloir que la poésie cesse de n’être qu’un flot de belles paroles. Sa “liberté” offre aux faussaires tout un champ d’exploitation facile. Sortir du n’importe quoi poétique et des corpus doctrinaux des savants critiquarts sont deux priorités urgentes.

Le “Pierrôt lunaire” a besoin de se faire dépuceler et le puritain desséché qui laisse tomber ses terminologies de mécano du livre sur la foule éberluée devant tant de science, croit-il, a surtout besoin, par exemple, et sans exclusive, de fumer un bon joint .

Faire la leçon ou créer ?

*

Il y a du sabre dans ses yeux. Sa cravate est en tungstène, paroles de bronze.
Paniqué je cherche des yeux une fille qui par aubade le peut faire fondre.
Précipité dans la rue j’observe. Des présences. Présences communes, signes d’êtres
pour quelle maraude sortis ?
Je veux ne pas être vu entrain de voir, les yeux baissés j’observe les bruisselis des silhouettes, des menaces.
Les murs sont policiers. Les lumières criardes sirênent. Les trottoirs sont des  couloirs, obligatoires.
Les moteurs rayent l’esprit. Griffes aux yeux les néons, serres.
Sur le sable de ton ventre dormir fondu.

*

*

Sur ma peau rêvent des ombres et glissent les murmures du feuillage.

L’herbe longue hérissée psalmodie dans la brise sa douce exhalaison.

Je veux mourir ainsi, les yeux clos dans la lumière, ma joue caressée de verdure, contre le flanc de la terre.

Comme soulevé dans le souffle d’or vert de la forêt, être emporté,

par le vent embaumé qui s’allonge sur la prairie.

Que mon envol m’azure  (mort ? Qu’importe ? )

dans les nuances du soleil.

*

je danse, et le mouvement n’est pas forcément visible.

Le battement me ravit à moi-même.

Marie jeanne.

Une nuit d’amour dans la soie de corps brumeux, une nuit de velours quand pomme on te presse entre les mains pour que tu donnes enfin toute cette liqueur et cette folie âcre, et douce.

je joue comme la lumière embrasée qui lance tous ces remuements d’or et de chlorophylle dans les branchages (et ce bruit de l’air qui chante dans les feuilles…) je joue dans la danse, je me jette à corps perdu dans la pulsation rose, orangée, brune, bigarrée, d’une musique cascadante.

Marie Jeanne infiniment sommeille

dans les volutes blanches,

Basculée dans un repos velouté.

La femme-fleur aux odeurs ocres.

Fille qui jette aux yeux une fumée bleue, encre impalpable d’une pieuvre suave dont les baisers soupirés nous évanouissent.

Nuit de fumées et de murmures d’orient, nuit de flammes qui révèlent sur la peau les frissons liquides des caresses, c’est la nuit que j’attendais au coin d’un rayon de lune.

Nuit aux paupières lourdes, paresseuse, insomnieuse, nuit vaporeuse que l’on respire au creux de l’autre.

Nuit phosphorescente pleine de nos odeurs mêlées.

*

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Oooh - Joruri ©

(C’est une musique pour ceux qui n’aiment pas lire mais qui quand même aiment bien éprouver.)

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